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Absinthe et Histoire

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Absinthe et Histoire du Quartier

L’hôtel Royal Fromentin Paris a ressuscité le mythe de l’absinthe à travers un livre écrit par Marie Claude Delahaye, auteur de nombreux ouvrages sur ce thème et fondatrice du musée de l’absinthe à Auvers-sur-Oise. Laissez-vous prendre par l’ambiance mythique de l’ancien cabaret Le Don Juan en dégustant une absinthe au bar de l’hôtel et découvrez ce rituel authentique au coeur de ce quartier comme l’ont fait avant vous Van Gogh, Toulouse Lautrec, Baudelaire et tant d’autres.

Voici quelques extraits de ce livre que nous serons heureux de mettre à votre disposition pour découvrir notre quartier et qui vous entraînera dans le Paris de la Belle Epoque.

Au coeur de Paris, dans un lieu chargé d’histoire, ce n’est pas par hasard si l’hôtel Royal Fromentin vous propose de déguster son absinthe. Il retrouve en cela la grande tradition du quartier qui réunit à la Belle Époque poètes et artistes qui léguèrent leur nom à la postérité. Faisant la jonction entre le Faubourg et son très célèbre quartier de La Nouvelle Athènes, le quartier Saint-Georges et la colline de Montmartre, la rue Fromentin a vu passer tous les artistes, poètes, littérateurs et chansonniers qui se rendaient dans les nombreux cafés et cabarets alentour. L’absinthe à la mode y était partout présente. Fée verte, muse inspiratrice, elle répandait ses suaves vapeurs anisées qui s’échappaient jusque sur les boulevards.

Quittant le Quartier Latin vers 1860, les artistes essaimèrent vers les Grands Boulevards où les cafés s’étaient multipliés et où l’ambiance était plus gaie. Allant d’un café à l’autre, les groupes formant la Bohème y faisaient retentir leurs clameurs bruyantes entretenues par de nombreuses libations. Le Grand Salon de l’Hôtel, ancien cabaret Le Don Juan, a gardé tout le charme de cette époque avec ses poutres et ses boiseries peintes, ses deux grandes cheminées et ses cariatides. Alors, installez-vous confortablement au cœur de ce quartier où ont vécu tant d’hommes devenus célèbres, et laissez flâner votre imagination dans les rues alentours où flotte encore comme un parfum d’absinthe.

L’Absinthe, boisson mythique. Chantée par les poètes, mise en scène et peinte par les artistes les plus illustres et appréciée par tous, l’absinthe interdite en France en 1915 renaît aujourd’hui de ses cendres. La Fée verte n’a pas fini de nous étonner. Adorée puis bannie, accusée de rendre fou, l’absinthe d’aujourd’hui allégée en plante absinthe, ne présente plus les risques neurotoxiques d’antan.

Née en Suisse, dans le canton de Neuchâtel en 1798, par la grâce d’une vieille femme qui aimait à mélanger les plantes qu’elle trouvait dans la montagne, elle franchit la frontière avec un dénommé Pernod et s’installe en France en 1805 où elle acquiert ses lettres de noblesse et devient la boisson fétiche de la bourgeoisie et des artistes. Elle restera une boisson chic, plus chère que le vin jusque vers 1860, date à laquelle le monde ouvrier va commencer à s’y intéresser. Devenue populaire, bon marché et souvent falsifiée, la Fée verte changée en péril vert verra se focaliser sur elle tous les maux de l’humanité. Mise au ban de la société, elle attendait son heure pour apprendre aux nouvelles générations l’histoire de sa gloire passée.

Retrouvez ce rituel convivial. En séjournant à l’Hôtel Royal Fromentin, vous retrouverez ce rituel extrêmement convivial à l’origine du succès de l’absinthe. Boisson apéritive nouvelle par ses saveurs anisées et par l’ajout d’une eau très fraîche, l’absinthe faisait l’objet d’une préparation particulière qui fit de l’heure de l’apéritif un moment si spécial qu’il devint pour tous l’heure verte.

Étonnez votre absinthe en la versant au fond du verre puis en posant sur celui-ci une cuillère percée sur laquelle vous mettrez un sucre. Laissez tomber l’eau goutte à goutte… Sucrée, elle passe à travers les trous de la cuillère et mouille votre absinthe. Véritable alchimie entre l’eau et les essences des plantes, des volutes verdâtres s’élèvent graduellement dans le verre. Aux plaisirs visuel et olfactif peut alors succéder le plaisir gustatif. La muse aux yeux verts libérée va entraîner votre imagination.

Vous êtes maintenant prêt pour partir à la découverte de ce quartier mythique où justement tant d’artistes célèbres ont dégusté leur absinthe avant vous.

Petite flânerie à travers le temps … 

En sortant de l’hôtel, dirigez-vous vers la Place Blanche faire un petit clin d’œil au Moulin Rouge où Henri de Toulouse-Lautrec croqua la Goulue, Valentin le Désossé et tous les personnages hauts en couleur du lieu. Buvant peu à la fois mais souvent, il ne se séparait jamais de sa canne à système munie d’une fiole et d’un petit verre et comme il adorait l’absinthe tout autant que le cognac, il confectionnait pour ses amis les chanteurs Yvette Guilbert et Aristide Bruant, un mélange savant de ses deux breuvages préférés qu’il appelait un tremblement de terre ! 

En 1896, Toulouse-Lautrec occupa une chambre à quelques pas de l’hôtel Royal Fromentin au n°30 de la rue Fontaine. Auparavant, il habita entre 1887 et 1893 au n°19 chez son ami d’enfance le docteur Henri Bourges.

Réjane vantant l’Absinthe Terminus

Si vous continuez par la rue Henner, vous aurez une pensée pour Guillaume Apollinaire qui vécut au deuxième étage du n°9 de 1901 à 1907. Ne dédaignant pas l’absinthe, il ne l’a cependant pas mise en scène dans son recueil Alcools paru en 1913.Un peu plus loin, vous arriverez au Square La Bruyère où George Sand emménagea en 1841 dans deux pavillons entourés d’un grand jardin dont l’un qu’elle sous-loua à Frédéric Chopin pour faciliter leur liaison passionnée.

Delacroix alla y donner des cours de peinture à son fils Maurice durant 8 ans. Delacroix sera le seul membre du jury à voter en faveur du buveur d’absinthe de Manet, refusé au Salon de 1859.

Prenez ensuite la rue de la Tour des Dames. L’immeuble du n°8 accueillit au 4e étage Vincent Van Gogh en 1890. Il était venu se réfugier quelques mois chez son frère avant de partir pour Auvers-sur-Oise, où il se suicida le 27 juillet de la même année. Converti à l’absinthe par Toulouse-Lautrec et Gauguin, ils passaient ensemble des nuits entières au café Le Tambourin. Van Gogh, dont le rêve était d’exposer, écrivait à son frère : “Un jour ou un autre, je trouverai moyen de faire une exposition à moi dans un café”. Cette petite phrase si lourde de sens montre la difficulté d’exposer à l’époque et l’importance du café dans la vie culturelle du XIXe siècle.

En arrivant rue St Georges, levez la tête vers le quatrième étage du n°43. Vous apercevrez peut-être les frères Goncourt à leur balcon. Ils vécurent là de 1850 à 1868, observant et décrivant les travers de leurs contemporains. Souffrant d’effroyables maux de têtes, ils avaient pris l’habitude de mettre du laudanum dans leur absinthe, véritable «haschich liquide» selon eux.

Quant à Baudelaire fidèle de la Brasserie des Martyrs, à peine arrivé il faisait enlever la carafe d’eau qui se trouvait sur une table à côté de la sienne. “La vue de l’eau m’est insupportable” disait-il d’une voix grave. Il commandait du vin et en buvait quatre ou cinq verres sans sourciller ou bien il absorbait successivement deux ou trois absinthes du même air détaché ou insouciant.

C’est au n°14 de la rue Clauzel que les artistes se pressaient chez le Père Tanguy, fabricant et marchand de couleurs des impressionnistes et des nabis. Ses couleurs en tubes faisaient fureur, libérant les artistes de l’atelier. Arrivé à Paris en mars 1886, Vincent Van Gogh devint vite un habitué de la boutique où il fit connaissance de Cézanne et d’Émile Bernard. C’est au n°17 que vécut Guy de Maupassant, célèbre pour ses nouvelles.

Prenez ensuite la rue Victor Massé. C’est au n°12 que Rodolphe Salis transféra en 1885 son fameux cabaret Le Chat Noir, initialement installé au 84 du Boulevard Rochechouart. Il fut rejoint par le poète Émile Goudeau, fondateur du club des Hydropathes pour lesquels la vue de l’eau était insupportable. Le Chat Noir opéra ainsi la réunion de tous les petits groupes poétiques et littéraires. C’est le célèbre chanteur Aristide Bruant qui acheta à Salis le premier Chat Noir pour en faire son propre cabaret : Le Mirliton dont l’affiche fut réalisée par Toulouse-Lautrec.

Baudelaire était un assidu des dîners littéraires donnés le dimanche au n°4 de la rue Frochot par la belle Apollonie Sabatier, demi-mondaine appelée “la Présidente”. D’origine modeste, Apollonie Sabatier avait été remarquée par le Comte Alfred Mosselman qui en fit sa maîtresse et l’installa dans cet appartement du 1er étage.

A la demande du Comte, le sculpteur Clesinger prit un moulage du corps d’Apollonie et en fit une statue “La Femme piquée par un serpent” qui fit scandale au salon de 1847. épris d’Apollonie, Baudelaire lui adressa, anonymement pendant cinq ans, ses plus beaux poèmes d’amour. A ces diners, Baudelaire retrouvait entre autres artistes et écrivains, Delacroix, Berlioz, les Dumas père et fils et Alfred de Musset.
Ce dernier, joueur d’échecs et buveur d’absinthe, faisait alors partie de l’Académie Française. Comme l’on faisait remarquer au secrétaire de l’Académie que Musset manquait souvent les séances du dictionnaire, celui-ci répondit : “Vous voulez dire qu’il s’absinthe un peu trop !”

Cette promenade à travers le temps a nourri votre imaginaire de toute cette époque de la fin du XIXe et du début du XXe siècles. Les peintres et les poètes vivaient dans ce quartier et se laissaient séduire par la muse inspiratrice, la troublante Fée Verte. C’est l’époque où le nom de l’absinthe évoque immanquablement les cafés enfumés où les artistes refaisaient le monde. C’était également le temps où les nombreux cabarets parisiens rivalisaient d’imagination pour créer une ambiance particulière recherchée par les noctambules. Certains étaient romantiques, d’autres provocateurs. D’autres encore étaient anticléricaux comme le cabaret L’Abbaye de Thélème.
On retrouve tout cet esprit dans l’ancien cabaret le Don Juan qui a existé jusque dans les années cinquante et qui a aujourd’hui laissé place à l’entrée et au Grand Salon de l’hôtel.

Remarquez en entrant face à vous, au dessus des deux marches qui descendent au salon, la boiserie peinte représentant sous la forme d’un triptyque la scène de l’Annonciation à la Vierge Marie par l’Archange Gabriel. Vous découvrirez également la cheminée du salon, ouverte d’origine, et qui serait d’après les historiens une réplique de celle du célèbre cabaret Le Chat Noir. L’âtre ouvert, typique de cette époque anticléricale, symbolisait l’Enfer d’où sortaient, dans un décor de voiles et de foulards représentant les flammes, de jeunes danseuses très légèrement vêtues. Elles s’égayaient ensuite dans la salle parmi les habitués du Don Juan dont faisaient partie, selon la rumeur, plusieurs illustres poètes, peintres et artistes. Ravis, ceux-ci appréciaient le spectacle en dégustant leur absinthe.

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